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Impôt annuel sur la fortune en Hongrie : « Le problème, ce n’est pas le taux, c’est la liquidité »

Alessandro Farina, Managing Director D’ITL Group, Dans Son Bureau à Budapest – Entretien Sur L’impôt Annuel Sur La Fortune En Hongrie

Dès 2027, un impôt annuel de 1 % sur les patrimoines nets supérieurs à 1 milliard de forints. Alessandro Farina, Managing Director d’ITL Group, explique ce qui change pour les chefs d’entreprise et les investisseurs.

Le 6 octobre 2026, le gouvernement hongrois a présenté son projet de loi sur l’impôt sur la fortune (vagyonadó), aussitôt soumis à consultation publique. S’il est adopté en l’état, il entrera en vigueur le 15 décembre 2026. Le patrimoine sera évalué au 31 décembre 2026 et la première déclaration, avec le paiement correspondant, devra être déposée au plus tard le 31 août 2027.

La mesure concerne un public restreint : selon l’étude d’impact du ministère des Finances, environ 15 000 personnes physiques et 2 000 structures de gestion patrimoniale. Pour ceux qui dépassent le seuil, elle change pourtant la manière de gérer son patrimoine. Nous en avons parlé avec Alessandro Farina, Managing Director d’ITL Group, qui accompagne chaque jour des entrepreneurs italiens et internationaux actifs en Hongrie.

Le projet en bref

  • Qui paie : les personnes physiques résidentes en Hongrie, sur l’ensemble de leur patrimoine mondial. Les non-résidents, quelle que soit leur nationalité, ne paient que sur les biens immobiliers hongrois et sur les parts de sociétés hongroises (ou de sociétés étrangères détenant des biens immobiliers en Hongrie), si leur valeur nette dépasse le seuil. Les trusts et fondations privées sont des contribuables distincts. Les époux sont imposés séparément, chacun avec son propre seuil.
  • Seuil : patrimoine net supérieur à 1 milliard de forints (environ 2,7 millions d’euros au taux de change actuel). L’impôt ne porte que sur la part qui dépasse le seuil.
  • Taux : 1 % jusqu’à 100 milliards de forints, 1,5 % au-delà.
  • Ce qui est inclus : biens immobiliers (y compris la résidence principale), parts de sociétés, liquidités, titres, crypto-actifs et biens détenus à l’étranger. Sont également inclus les œuvres d’art, collections et bijoux d’une valeur supérieure à 3 millions de forints par pièce, ainsi que les véhicules de plus de 10 millions.
  • Sociétés non cotées : la valeur est calculée selon une formule : un tiers capitaux propres et deux tiers valeur de rendement, fondée sur la moyenne des bénéfices des trois dernières années.
  • Déductions : les dettes documentées réduisent la base. Les impôts locaux sur les biens immobiliers et la taxe sur les véhicules sont imputés sur l’impôt.
  • Un exemple : avec un patrimoine net de 5 milliards de forints, l’impôt annuel s’élève à 40 millions de forints, soit environ 110 000 euros.

Source : projet de loi du 6 octobre 2026. Le texte est en consultation et peut évoluer.

Un impôt chaque année, pas un prélèvement unique

Quelles ont été les premières réactions de vos clients ?

Les premières réactions, toujours les plus émotives et immédiates, ont été fortes. Beaucoup des chefs d’entreprise que nous accompagnons ont surtout été frappés par un point : il s’agit d’un impôt annuel. Ce n’est pas un prélèvement unique, comme ceux que certains pays ont adoptés par le passé en période d’urgence.

Des impôts sur la fortune existent déjà en Europe. Pourquoi celui-ci fait-il autant débat ?

C’est vrai, ils existent déjà en Europe, sous des formes en partie similaires et en partie différentes. Mais ils ont été introduits dans des économies plus établies, où la richesse est plus ancienne. En Hongrie, nous sommes pour une large part la première génération à créer et à accumuler un patrimoine important.

Cette capacité d’accumulation a aussi été rendue possible par un système fiscal jusqu’ici avantageux : l’impôt sur les sociétés et l’impôt sur le revenu des personnes physiques sont bas. Grâce à cette combinaison, de nombreux chefs d’entreprise ont pu épargner et constituer un patrimoine. Et ce n’est certainement pas une faute : le pays a choisi ce système et ceux qui ont investi ici en ont bénéficié.

Le système fiscal hongrois

  • En Hongrie, l’impôt sur les sociétés est de 9 %, le plus bas de l’UE. L’impôt sur le revenu des personnes physiques est un taux unique de 15 %.

Le contexte : prix, change et croissance

Dans quel contexte économique cette mesure arrive-t-elle ?

Le problème, comme souvent en Hongrie, est la tendance à tout transformer en très peu de temps, ce qui crée un choc. Nous l’avons vu ces dernières années : les salaires, les prix à la consommation et l’immobilier ont augmenté à un rythme que le pays n’avait jamais connu. Des accélérations aussi rapides ne sont jamais saines, surtout lorsque l’économie croît peu. Les entreprises font face à des coûts en hausse et à une demande qui ne décolle pas.

À cela s’ajoute le taux de change. Pendant des années, le forint s’est déprécié de façon progressive et relativement prévisible. Depuis un an et demi, il s’est au contraire nettement apprécié face à l’euro. Pour les nombreuses entreprises qui facturent en euros et supportent leurs coûts en forints, c’est un coup dur. Je m’attends à ce que les comptes 2026 de beaucoup d’entre elles affichent une baisse significative du chiffre d’affaires et des bénéfices.

Les chiffres

  • Entre 2015 et 2021, les prix des logements en Hongrie ont plus que doublé (×2,1), la plus forte hausse de l’UE.
  • Début 2023, l’inflation a dépassé 25 %, le niveau le plus élevé de l’Union.
  • L’euro valait en moyenne 398 forints en 2025 ; en octobre 2026, il en vaut environ 365. Le forint s’est donc apprécié d’environ 8 %.
  • Après une année 2025 faible, le PIB a progressé de 1,7 % sur un an aux premier et deuxième trimestres 2026.

Le point critique : la liquidité

Où voyez-vous la principale difficulté de la loi ?

L’impôt sur la fortune est déséquilibré par rapport à la capacité contributive de ceux qui devront le payer. Posséder un patrimoine est une chose ; disposer chaque année des liquidités pour payer l’impôt en est une autre. Et tout le monde ne dispose pas de ces liquidités de façon continue.

Un patrimoine se compose de biens qui produisent un revenu et de biens qui n’en produisent pas. Beaucoup de portefeuilles n’ont pas été construits en tenant compte de cette distinction, car jusqu’à présent ce n’était pas nécessaire.

Pouvez-vous donner un exemple concret ?

L’impôt est payé par la personne physique, c’est-à-dire le bénéficiaire effectif des biens. Il peut s’agir d’un chef d’entreprise, mais aussi d’un salarié ou d’une personne ayant reçu un héritage. Prenons le chef d’entreprise. Il paie d’abord l’impôt sur les bénéfices de la société, puis les impôts personnels sur les dividendes. Avec ce qui reste, après tous ces impôts, il doit encore payer le 1 %.

Dans le même temps, il doit maintenir son niveau de vie. Souvent, il ne se verse pas un salaire élevé et vit surtout de dividendes. L’impôt prive ainsi d’une ressource importante précisément l’épargne que beaucoup comptent utiliser pour leur retraite, faute d’avoir constitué une pension suffisante. Ce sont des mécanismes qui ne fonctionnent pas.

Le point technique

  • Les parts de sociétés non cotées sont évaluées sur la base des bénéfices moyens des trois dernières années, même s’ils ne sont pas distribués. L’impôt peut donc être dû sur une valeur qui ne s’est pas traduite en liquidités personnelles.
  • Le projet permet de demander à l’administration fiscale (NAV) un paiement échelonné ou un report : jusqu’à 12 mois, ou 24 dans des cas exceptionnels pour les logements et les parts de sociétés. Ce n’est pas automatique.

Repenser le portefeuille

Concrètement, que devraient faire les personnes concernées ?

Revoir et repositionner leur portefeuille d’investissements en fonction d’un besoin de liquidités qui n’existait pas auparavant.

Prenons un exemple simple. Un amateur d’art qui a investi dans des œuvres ne regardera plus un tableau au mur en pensant à sa beauté ou à son prix. Il pensera à ce qu’il lui coûte chaque année de le garder accroché, car il devra le déclarer et payer l’impôt. Il en va de même pour une collection de voitures ou pour des appartements qui ne rapportent rien.

Il faudra prendre une feuille et un stylo et revoir les choix faits au fil des années. Il faudra probablement vendre, transformer ou rééquilibrer une partie des investissements. D’une part pour pouvoir payer l’impôt, d’autre part pour faire croître le capital plus vite que l’inflation. Sinon, le capital reste le même sur le papier, mais perd de la valeur en termes réels.

Attention aux raccourcis

  • Le projet contient une clause générale anti-abus. Les opérations ou évaluations réalisées dans le seul but de contourner les règles peuvent être contestées.
  • Le transfert de biens vers des structures étrangères gérées depuis la Hongrie ne les exclut pas non plus de l’impôt. Toute réorganisation doit reposer sur de réelles raisons économiques et être documentée.

Les perspectives

La loi n’est encore qu’un projet. Qu’attendez-vous ?

Nous suivons le processus avec beaucoup d’attention, comme de nombreux autres professionnels. Nous espérons que le Parlement retiendra les modifications que plusieurs experts ont déjà jugées nécessaires et qui, jusqu’ici, ne semblent pas avoir été entendues.

Le taux n’est pas la question : qu’il soit de 1 %, 2 % ou 0,5 % importe moins. Ce qui compte, c’est que l’impôt soit soutenable dans ses modalités et compatible avec la gestion de la trésorerie d’un chef d’entreprise. Sinon, nous risquons que des entreprises déjà éprouvées par la conjoncture et le taux de change ne tiennent plus. Le chef d’entreprise est le moteur de l’économie : il a besoin de confiance et de perspectives de développement.

« Le taux n’est pas la question. Ce qui compte, c’est que l’impôt soit soutenable pour la liquidité d’un chef d’entreprise. »

Comment ITL Group peut vous aider

Que peut faire ITL Group pour les personnes dans cette situation ?

Nous pouvons intervenir sur plusieurs fronts, de manière intégrée. Nous étudions la loi et donnons un avis fiscal sur son impact, au cas par cas. Nous réalisons l’expertise des biens immobiliers par notre division immobilière et l’évaluation des entreprises par notre division conseil. Avec des partenaires dédiés, nous pouvons aussi conseiller et accompagner la construction du portefeuille.

Nous ne vendons ni n’achetons de produits financiers : ce n’est pas notre métier. Notre rôle est de réfléchir avec le chef d’entreprise à la manière de réorganiser ses actifs pour mieux équilibrer l’avenir.

L’accompagnement d’ITL Group

  • ITL Tax Advisor: analyse de la situation personnelle, estimation de l’impôt dû, avis sur la réglementation et les échéances.
  • ITL Real Estate: expertises immobilières indépendantes, utiles lorsque la valeur NAV ne reflète pas le marché.
  • ITL Consulting: évaluation des parts de sociétés selon la formule légale ou par une expertise indépendante, lorsqu’elle est admise.
  • Partenaires dédiés : analyse de la composition du patrimoine et des besoins de liquidités au fil des années.

Votre patrimoine approche-t-il le seuil de 1 milliard de forints ?

Contactez-nous pour une première analyse confidentielle de votre situation. Écrivez à a.farina@itlgroup.hu ou appelez le (+36 1) 269 5679.

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Ces informations se fondent sur le projet de loi publié le 6 octobre 2026 pour consultation publique et peuvent évoluer au cours de la procédure parlementaire. Elles ne constituent pas un conseil fiscal.

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